Le rôle de proche aidant
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Aider sans se brûler

Le rôle de proche aidant peut être gratifiant mais il peut être également exigeant. Il nécessite d’assumer de multiples responsabilités qui demandent une grande quantité d’énergie, généralement sur de longues périodes. En tant que personne proche aidante, vous êtes important et vous méritez de prendre soin de vous. Voici des idées pour bâtir votre propre stratégie.


Des questions à se poser

  • Avez-vous de la difficulté à prendre soin de vous, si oui quels sentiments cela provoque-t-il?
  • Où en êtes-vous dans votre soutien à votre proche ? Est-ce trop? Ressentez-vous de l’épuisement physique, ou mental?
  • Comment vous sentez-vous quand vous demandez de l'aide à une personne, à un service public ou à une association?
  • Vous sentez-vous isolé socialement?
  • Quelles stratégies avez-vous pour être à l’écoute de vos propres besoins?
  • Comment votre proche perçoit-il le fait que vous vouliez prendre soin de vous?

Identifier vos besoins

Identifiez les éléments sur lesquels vous voulez « travailler ». Voici deux exemples :

La difficulté à déléguer :

  • L’idée de confier certaines tâches à d'autres vous rend mal à l'aise;
  • Peut-être que l'agressivité ou le comportement de votre proche vous dissuade de déléguer le soin à d'autres personnes;
  • Vous pensez sincèrement être la meilleure personne pour vous occuper de votre proche, du fait du lien affectif;
  • Quand vous envisagez de prendre du temps pour vous, vous ressentez de la culpabilité;

La gestion de certaines émotions :

  • Ne plus avoir le goût de prendre soin de votre proche vous déconcerte;
  • Vous avez l'impression d'être sur un chemin duquel vous ne pouvez pas sortir. Vous êtes résigné;
  • La compassion est une valeur importante à vos yeux. Éprouver une certaine usure vous inquiète;
  • Votre proche peine à réaliser l'ampleur de votre travail. Vous cherchez davantage de reconnaissance;
  • Réclamer des crédits d'impôts dans votre déclaration de revenus vous gêne;
  • Vous éprouvez tristesse, anxiété, découragement, fatigue, sentiment de dépassement, ras-le-bol, solitude, détresse, tout à la fois ou en partie. 

Voici deux idées-clés à partir desquelles bâtir votre propre stratégie pour prendre soin de vous : se préserver, déléguer.

Se préserver

Délimiter votre rôle

La Politique nationale pour les personnes proches aidantes (2021) donne une définition qui précise : « Le soutien apporté est continu ou occasionnel, à court ou à long terme, et est offert à titre non professionnel, de manière libre, éclairée et révocable, dans le but, notamment, de favoriser le rétablissement de la personne aidée (...) ».

Posez-vous régulièrement des questions sur votre rôle pour une mise à jour en fonction de votre situation et de l'évolution de la maladie de votre proche. Tracez les contours que vous voulez donner à votre proche aidance. À partir de là, définissez vos critères pour prendre soin de vous, selon ce dont vous avez besoin et ce à quoi vous avez droit

Réduire son stress

Réservez chaque jour du temps pour recharger vos batteries en faisant ce que vous aimez : une sieste de 20 minutes, du jardinage, de la lecture, une promenade de 10 minutes ou encore une pause musicale. Étirez-vous, respirez

Exprimer ses émotions

Il vaut mieux exprimer ses émotions, idéalement dans un cadre sécuritaire auprès d’une personne en qui on a confiance ou un professionnel de la santé, que de les garder pour soi. Adoptez la stratégie de la bouilloire sifflante : plutôt que d'exploser, soulevez le couvercle de temps en temps pour libérer un peu de pression.

Prendre des décisions, pour vous

Déléguer

Quel beau mot! Dé-lé-guer. Et tous ceux qui vont avec et qui font du bien :  faire appel, confier, transférer, lâcher prise, faire confiance. 

Lâcher prise

Lâcher du lest permet d’engager des discussions constructives, d’organiser des conseils de famille et d’élaborer des plans d’actions réalistes selon votre situation et celle de votre entourage. Communiquez et donnez un juste portrait pour que tous puissent vous aider adéquatement.

Faire confiance

À la documentation pour proches aidants :

  • lappui.org : pour tous les proches aidants, partout au Québec.

À la société québécoise :

  • La Politique nationale pour les personnes proches aidantes fait en sorte de reconnaitre l'apport considérable de votre rôle dans la société québécoise;
  • La société reconnait la nécessité de préserver votre santé et votre bien-être. À vous de délimiter votre engagement comme personne proche aidante et de définir votre équilibre vie personnelle, familiale et sociale.

Aux services d'aide à domicile et de répit :

Aux intervenants et CLSC :

À la famille et à votre entourage :

Aux formations :

Oreilles bienveillantes

  • Si vous avez des difficultés personnelles, familiales ou au travail : contactez l'accueil psychosocial de votre CIUSSS pour consulter un travailleur social;
  • Si vous avez une inquiétude pour votre santé mentale et votre santé physique : contactez l'accueil psychosocial de votre CIUSSS ou la ligne Info-Social au 8-1-1;
  • Contacter Info-aidant, un service d'écoute, d'information et de références professionnel, confidentiel et gratuit. Le contact peut se faire par téléphone au 1 855 852-7784 tous les jours de de 8 h à 20 h et par courriel;
  • Joindre une ligne téléphonique d'aide;
  • Rejoindre un groupe de soutien;
  • S'écouter : et si vous repreniez contact avec vous-même?

Partage de connaissances et d'expériences

Sur notre site Web, vous trouverez, pour vous, vos proches et votre entourage, de l'information pour :


Sources

Gouvernement du Québec. Politique nationale pour les personnes proches aidantes - Reconnaître et soutenir dans le respect des volontés et des capacités d'engagement.

Gouvernement du Québec. Politique nationale pour les personnes proches aidantes. Tableau synoptique.

Institut Universitaire de gériatrie de Montréal. Aider un proche aidant au quotidien. Trucs et astuces pour les aidants.

L'Appui pour les proches aidants. Prendre soin de moi tout en prenant soin de l’autre.

Cet article a bénéficié de l'apport au fil des années de Julie Martin, Karène Larocque, Marie-Josée Lagacé, Catherine Séguin-Green et Marie-Ève Gingras. Merci à elles!