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Qu'est-ce qui se cache derrière notre sentiment de culpabilité

Le 24 octobre 2019 par Madeleine Fortier

Le sentiment de culpabilité est un signal qui mérite d’être analysé! Par exemple, me sentir coupable de vouloir que la souffrance de mon conjoint s’arrête est peut-être le signe que mes limites ou que mon pouvoir d'agir sont surestimés...


La culpabilité est un sentiment de faute que l’on ressent, peu importe que cette faute soit réelle ou imaginaire. Cette émotion naît de l’écart existant entre ce que l’on veut être idéalement et les actions que l’on fait réellement. Par exemple, un proche aidant peut se sentir coupable de ne pas en faire assez, de ne pas avoir fait les bonnes choses, de ne pas être assez présent ou encore de manquer de patience.

La culpabilité a un effet paralysant. Elle donne l’impression d’être incapable d’avancer. Elle nous tire vers l’arrière. Son poids peut mener à un fort sentiment d’impuissance : « Je ne sais plus quoi faire », « Je pense que je ne m’en sortirai jamais », « Je ne suis pas aussi endurant(e) que je le croyais »…

Le sentiment de culpabilité est un signal qui mérite d’être analysé! Par exemple, me sentir coupable de vouloir que la souffrance de mon conjoint s’arrête est peut-être le signe que j’ai atteint mes limites et qu’il serait temps que je prenne du répit! Il faut donc être attentif à ce sentiment de culpabilité et aller explorer ce qu’il cache vraiment, ce qu’il peut révéler, ce qu’il signifie.

Que faire envers un sentiment de culpabilité?

La meilleure chose à faire est de prendre du recul par rapport à ce sentiment et de s’interroger, pour mieux comprendre ce qui nous fait sentir coupable. S’imposer un  temps d’arrêt permet d’identifier les éléments qui entrent en jeu, puis d’analyser ce qu’on peut faire par rapport au malaise ressenti. Mieux comprendre ce qui se passe aide à réfléchir aux pistes de solutions qui changeront la dynamique et, du même coup, feront diminuer le sentiment de culpabilité.

En se rendant compte que, dans certaines situations, les actions posées ou les réactions exprimées font toujours naître un sentiment de culpabilité, on peut les remplacer par d’autres, plus appropriées. Décider de donner une réponse différente constitue en soi une prise de responsabilité. C’est-à-dire, être l’auteur d’une réponse adéquate à une situation donnée.1

Une des premières étapes de ce questionnement éclairé est de comparer le sentiment de culpabilité vécu avec notre responsabilité réelle en tant que proche aidant.

Voici un petit exercice d’analyse du sentiment de culpabilité, en 5 questions :

  1. De quoi est-ce que je me sens coupable?
  2. Pourquoi est-ce que je me sens coupable?
  3. Que dois-je faire pour ne plus me sentir coupable ? Et est-ce réaliste?
  4. Quelles sont mes autres options?
  5. Comment transformer ma culpabilité en responsabilité?

La responsabilité

La responsabilité, selon l’interprétation du dictionnaire Larousse, c’est l’obligation que l’on se donne d’être garant de quelque chose, de tenir ses promesses. Mieux encore, le psychologue Yvon Dallaire se plaît à définir la responsabilité comme « l’habileté à répondre adéquatement à une situation donnée. Il s’agit donc de prendre la responsabilité pleine et entière de ses actes »2. Il n’est donc pas question de s’imposer de faire l’impossible.

Contrairement à la culpabilité, la responsabilité redonne du pouvoir, mène vers l’action et crée du changement. Plutôt que de ressentir de l’impuissance, on recadre les circonstances et ce qu’elles rendent vraiment possible de faire. Tout cela nous procure un sentiment du devoir accompli.

Il est vrai qu’en tant que proche aidant, l’impression que la liste des responsabilités ne fait que s’allonger est souvent évoquée. Mais, en réalité, il est possible de les cerner davantage, d’en découvrir les limites à l’aide de questions simples :

Quel est vraiment mon rôle face à l’aidé? Jusqu’où dois-je aller? Où commence et s’arrête la responsabilité de l’autre? Est-ce responsable d’aller jusqu’au bout de ses forces pour aider l’autre? Devrais-je plutôt me rendre responsable de prendre aussi soin de moi, afin d’être en mesure de continuer à prendre soin de l’autre?

Bonnes réflexions!

 

Auteure : Madeleine Fortier, formatrice, conférencière et auteure du livre Usure de compassion : jusqu’où aller sans se brûler? Pour s'informer des conférences à venir : 514 346-8926 ou par courriel [email protected]


Sources

Références

1 et 2.  Yvon Dallaire, Culpabilité ou responsabilité? : accroc.qc.ca/wordpress/culpabilite-ou-responsabilite/