Le grand sage utilise les cours d'eau du Québec pour illustrer magnifiquement la diversité des expressions du deuil. Le frère de la jeune femme réagit comme la puissante Chute Montmorency : ses émotions jaillissent avec force, visibles de tous, dans un déferlement de larmes et de cris. Le grand-père, lui, s'apparente plutôt à la Rivière-Blanche avec ses rapides et petites chutes - son chagrin coule clairement vers l'exutoire, mais de manière plus contenue.
La jeune femme se reconnaît dans le Fjord du Saguenay : calme et majestueux en surface, mais où circulent en profondeur des courants puissants et invisibles. Cette métaphore l'aide à comprendre pourquoi elle se sent parfois "anormale" de ne pas pleurer comme les autres, alors qu'à l'intérieur, c'est la tempête. Cette capsule nous enseigne avec bienveillance que chaque rivière trouve son chemin vers le fleuve, tout comme chaque personne trouve sa façon unique d'exprimer et de vivre son deuil. L'important n'est pas la forme que prend l'expression, mais de reconnaître que derrière chaque surface, il y a une vérité émotionnelle qui mérite d'être respectée.