Le rôle de proche aidant
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Le vieillissement normal, c'est quoi?

Comment peut-on définir le vieillissement? Il s’agit d’un processus inévitable qui démarre à la naissance et qui s’accentue avec l’âge. Ses effets les plus visibles se situent au niveau du visage d’abord, puis du reste corps ensuite (rides, cheveux blancs, taches brunes sur les mains…). Parmi les autres changements observés, notons les déclins physiologiques et cérébraux. Dans ce contexte, qu’est-ce qui peut être considéré comme un vieillissement « normal »?


Le vieillissement normal s’oppose au vieillissement pathologique, qui est accéléré par des maladies pouvant devenir de plus en plus fréquentes avec l’âge. Différents facteurs biologiques, psychologiques et sociaux influencent la rapidité d’évolution du vieillissement normal et du vieillissement pathologique, ainsi que les effets qui leur sont associés.

Le vieillissement normal : difficile à définir et difficile à mesurer

Le vieillissement normal est le résultat d’un processus complexe qui agit de façon progressive et en l’absence de maladie. Il est important de souligner que le rythme du vieillissement varie selon les individus. De la même façon, d’importantes différences morphologiques et fonctionnelles peuvent être observées entre des personnes du même âge. Autrement dit, l’âge biologique et l’âge chronologique peuvent ne pas coïncider.

De saines habitudes de vie, comprenant de l’exercice physique, une bonne alimentation, un sommeil réparateur et excluant la cigarette et l’alcool, sont des facteurs qui contribuent au vieillissement normal. Cela dit, certaines personnes ont un vieillissement normal sans pour autant respecter ces habitudes. D’autres critères, comme la génétique, l’hérédité ou le sexe, sont alors à considérer.

Quels sont les principaux effets perceptibles d’un vieillissement normal?

Les effets énumérés ici ne sont qu’une partie des changements visibles survenant au cours du processus de vieillissement normal. D’autres effets touchent le métabolisme en général, ainsi que les systèmes nerveux, cardiovasculaire, respiratoire, digestif et urinaire, mais leur diagnostic nécessite souvent des examens médicaux complémentaires aux simples observations que l’entourage peut faire.

Mobilité

Perte de force et d’endurance // Mouvements plus lents // Pertes de réflexes, d’équilibre et de coordination

Organes des sens

Altération de la vue (presbytie) et de l’ouïe

Fonctions cognitives

Diminution des capacités de concentration et d'apprentissage

Système immunitaire

Réponse immunitaire plus lente

Sommeil

Sommeil plus léger // Répartition différente des heures de sommeil (siestes)

Alimentation

Baisse de l’appétit, du goût pour la nourriture et de la soif

Mémoire

Ne pas se rappeler les détails d’événements datant de plusieurs mois // Ne pas se rappeler le nom d’une connaissance // Oublis occasionnels // Difficultés occasionnelles à trouver ses mots

Il est important de reconnaître que ces effets ne sont pas toujours pathologiques. Par conséquent, il est faux de penser que toutes les personnes aînées sont forcément malades. Cette pensée très répandue nourrit le concept d’âgisme qui désigne, entre autres, l’ensemble des idées reçues à l’égard du vieillissement.

Une surveillance attentive de ces effets peut suffire à établir la première étape d’un diagnostic fiable en cas de changement trop important. Dans certains cas, elle peut même éviter une médication importante et pas toujours pertinente.

En tant que personne proche aidante, comment puis-je contribuer au vieillissement normal de mon proche?

Les personnes proches aidantes, par leurs gestes et leur soutien, peuvent avoir une certaine influence sur la façon dont leurs proches vieillissent. En effet, elles contribuent au bien-être psychologique et social des personnes aidées, en permettant leur maintien à domicile ou en leur offrant une présence bienveillante si elles sont hospitalisées ou en résidence.

Leur proximité avec la personne aidée leur confère également une position privilégiée pour dépister les comportements anormaux, surveiller les mises à jour des vaccins, éviter l’isolement, favoriser les activités collectives, intellectuelles et de stimulation, ainsi que le maintien de saines habitudes de vie, telles que mentionnées plus haut.

Accepter leur vieillissement… et le sien

Il n’y a rien de plus normal que de vieillir, et le faire sans pathologie est possible. Accepter le vieillissement est donc le début d’une prise de conscience saine : trop s’en préoccuper peut entraîner des désagréments, dont de l’anxiété. L’idée est de garder l’œil ouvert, mais aussi de savoir profiter de cette étape de vie.

En tant que personne proche aidante, vous avez probablement tendance à vous concentrer sur le vieillissement de votre proche. Rien ne vous empêche cependant de vous poser des questions sur votre propre vieillissement et sur les mesures saines à adopter dans votre situation. Devant l’exigence de votre rôle, n’hésitez jamais à prendre du temps pour vous. L’article Prendre soin de soi, de l’Appui, vous donne des pistes pour continuer à soutenir votre proche tout en conservant suffisamment d’énergie pour vous.

Cet article a été rendu possible grâce à la collaboration de Jean Ignace Olazabal, professeur associé à la Faculté des arts et des sciences  responsable de programme à la Faculté de l’éducation permanente de l'université de Montréal, ainsi que de Mélisa Audet, coordonnatrice aux partenariats et au transfert de connaissance au Centre de recherche sur le vieillissement de l'Université de Sherbrooke.


Sources