Le parcours d'Alex, comme celui d’autres aidants, est jalonné de petits deuils.
L'un des plus difficiles est la perte progressive de la communication profonde avec sa mère, dont la mémoire est de plus en plus affectée.
« Le plus grand deuil, c'est naturellement de communiquer avec elle sans vraiment communiquer ça. C'est hyper difficile parce que j'avais envie d'avoir des conversations avec ma mère, de parler d'affaires qui m'arrivent », confie-t-il. « Je peux appeler ma mère le dimanche, on va avoir une bonne conversation. Je l'appelle le mardi. Des fois elle se souviendra pas qu'on s'est parlé le dimanche, puis on peut reparler de la même affaire. Parfois, ce n’est pas le cas », explique-t-il.
Cette situation demande patience et compréhension. Alex a appris à s'adapter : « Je lui réponds avec la même énergie. Je recommence la même histoire, avec le même enthousiasme, le même plaisir. »
Un autre deuil significatif concerne les traditions familiales, notamment culinaires. « Ma mère a toujours été une grande cuisinière, le plaisir passait beaucoup par ça : donner, partager et transmettre. Ce qui me rend triste, c’est que moi je ne suis pas très bon cuisinier, mais longtemps je me suis dit qu'il faudrait que ma mère me montre telle ou telle recette », regrette Alex.
Malgré les difficultés, Alex trouve encore des moments de joie et de connexion avec sa mère. Il raconte un souvenir touchant : « On était à table. On mange. C'est le dîner de Noël. Ça se passe bien. Et là, tout à coup, il y a la radio qui joue, puis il y a des chansons de Noël. Ma mère se met à entonner Petit papa Noël. Toute la chanson: une phrase après l'autre. Elle ne se trompe pas. »
Ces instants précieux rappellent à Alex que malgré les changements, sa mère est toujours là, capable de moments de lucidité et de connexion émotionnelle.