Le travail implique bien plus que des tâches de base telles que nourrir ou changer une protection contre l'incontinence. Chantale Couillard appelle cela « les petites attentions ».
« Être préposée aux bénéficiaires, ce n’est pas juste laver des fesses. Ce métier, c'est aussi entrer dans la bulle de la personne et ça, je m'efforce de le faire avec humanité. Ça demande de l'humour et de l'empathie pour dédramatiser ce genre de moments. Trouver le moyen de rire avec eux, de voir les beaux côtés. En hébergement, la personne doit faire un gros deuil de son autonomie et de son intimité. Moi, je peux entrer dans cette bulle. Je peux faire en sorte qu'elle se sente bien et confortable. »
Ce travail, c’est « garder visible la dignité des patients », ajoute-t-elle. Par exemple, chanter tout en réalisant les soins de base. En somme, « faire plein de petites affaires personnalisées. Et si nous ne les faisons pas bien, ils ont l'air négligés et tristes. »
Au fond, pourrait-on dire que l’empathie aussi est un soin de base? Absolument, répond Chantale. « Une dame de 95 ans qui vient nous voir aux 3 heures disant vouloir appeler ses parents, on ne peut pas lui dire qu’ils sont décédés il y a 30 ans. Sans empathie, sans sens de l'humour, sans capacité d'adaptation, je pense qu'on n'est pas au bon endroit. On ne fait pas ce métier pour la paie. »