Majoritairement âgés de 40 à 60 ans, ces proches aidants de ladite «génération sandwich» représentent un pilier silencieux, mais essentiel de notre société. Pourtant, leur équilibre demeure fragile: l’épuisement les guette, pris entre les responsabilités parentales, professionnelles et les soins à prodiguer à un parent âgé. Le temps, ressource rare, devient leur plus grand luxe...
Avant même de parler de soutien externe, il est fondamental d’encourager l’autoreconnaissance. Prendre soin d’un proche est d’abord un geste profondément humain, ancré dans nos valeurs familiales et sociales, qui reflète la bienveillance qui unit nos communautés. Toutefois, pour plusieurs, les responsabilités qui s’accumulent et la fatigue qui s’installe font en sorte qu’ils tardent à demander de l’aide ou à se tourner vers les ressources existantes.
Prendre conscience de son rôle est le premier pas vers la préservation de sa santé mentale et physique. Pour la génération sandwich, cet éveil est d’autant plus crucial qu’elle se trouve à la croisée de deux devoirs bien différents. Une responsabilité envers ses enfants mineurs, et une autre morale, souvent ressentie comme tout aussi impérieuse, envers ses parents vieillissants.
C’est tout un défi pour cette génération parfois prise en étau, qui doit apprendre à reconnaître ses limites sans culpabilité. Nous devons donc encourager un changement de regard, passer à une posture où ils reconnaissent leur rôle et s’autorisent à chercher du soutien.
En tant que société, nous devons valoriser ce rôle et libérer la parole. Parler de ce que l’on vit, c’est déjà alléger un peu le poids. C’est aussi reconnaître que le soin n’est pas qu’une affaire personnelle, c’est aussi un enjeu de société!
Partout au Québec, des organismes déploient des services innovants de soutien, d’accompagnement et de répit, adaptés à cette génération souvent bien fatiguée.
L’Appui a également bonifié considérablement ses ressources en ligne, et sa ligne gratuite Info-aidant demeure un repère essentiel pour obtenir écoute, information et orientation.
Ces services permettent non seulement de souffler un moment, mais aussi de briser l’isolement auquel tant de personnes de cette génération sont confrontées.
Alors que s’amorce la Semaine nationale des personnes proches aidantes, prenons un moment pour voir, écouter et reconnaître ces femmes et ces hommes qui œuvrent dans l’ombre. Offrons-leur non seulement du répit, mais aussi de la reconnaissance, de la souplesse et de la considération.
Parce que prendre soin des proches aidants, c’est aussi prendre soin du Québec d’aujourd’hui et de demain.
-Guillaume Joseph, directeur général de l’Appui proches aidants
Besoin de parler?
Contactez Info-aidant pour de l'écoute, de l'information et des références.
Lundi au vendredi de 8 h à 18 h