Actualités
Montréal
Appelez Info-aidant au 1 855 852-7784

Groupe de soutien par le rêve

Le 25 février 2019 par Y des Femmes de Montréal

Dans ce groupe de soutien, les participantes trouveront des solutions aux difficultés exposées...


Dans les groupes de soutien par le rêve, au Y des Femmes de Montréal, les proches aidantes décrivent un de leurs songes aux autres participantes, qui y réfléchissent et en discutent comme s’il s’agissait de leur propre rêve. Elles ne l’interprètent pas, cette tâche revenant au rêveur lui-même (Reeskamp, 2006). Les thèmes ou les émotions qui se dégagent des rêves peuvent interpeller les participantes, éveiller quelque chose en elles (Moss, 2002). Celles-ci peuvent partager les mêmes réalités. Ensemble, elles trouveront peut-être des solutions aux difficultés exposées. Le tout peut prendre la forme d’une expérience de développement personnel. Parallèlement, ces échanges peuvent stimuler la réflexion du rêveur et lui permettre de considérer des interprétations auxquelles il n’avait pas pensé. La personne reçoit alors de nouvelles versions de son scénario (Reeskamp, 2006). Ce travail permet à la proche aidante de trouver en elle-même des ressources insoupçonnées, afin d’atteindre une vie équilibrée. 

Plusieurs études empiriques montrent les liens existant entre les contenus des rêves et les préoccupations du rêveur dans sa vie éveillée (Domhoff, 1996, 2002, cité dans Zadra et Pesant, 2004) ainsi qu’entre les types de rêves (rêves récurrents, cauchemars) et le bien-être émotionnel de la personne (Zadra et Donderi, 2000, cité dans Zadra et Pesant, 2004). D’autres études concluent que le contenu des rêves des personnes qui souffrent de dépression a des caractéristiques qui lui sont propres (Kramer, 2000 cité dans Zadra et Pesant, 2004). Ces personnes font plus de rêves dans lesquels elles ont une expérience de détresse, de désespoir, d’impuissance, d’exploitation et de rejet. Les personnes endeuillées rêvent souvent à la personne décédée (Moss, 2002). Les théoriciens du rêve s’accordent généralement pour dire que les rêves récurrents sont liés à des difficultés non résolues dans la vie. Les études montrent que lorsqu’il y a amélioration du bien-être de la personne en état d’éveil, des changements surviennent dans le contenu onirique : on y voit plus d’émotions et d’événements positifs, ainsi que plus d’interactions sociales (Pesant et Zadra, 2006).

 Aucun scientifique n’a encore découvert la fonction des rêves, mais puisqu’ils sont innés et non acquis, différentes hypothèses ont été émises. Pour Freud, leur interprétation permet de retracer les conflits inconscients et les désirs réprimés. Pour Jung, le rêve a une fonction de compensation, c’est-à-dire que lorsque l’attitude consciente d’une personne est en désaccord avec les aspects inconscients de sa personnalité, le rêve se présente comme une solution. Ainsi, le rêve peut nous éclairer sur des décisions à prendre. Alfred Adler voyait dans le rêve l’expression des préoccupations de la personne. Selon lui, le rêve chercherait à résoudre un problème et à mettre en route ce que le rêveur désire voir se réaliser. Selon Perls, chaque élément du rêve – chaque personne, objet ou animal – représente une partie de la personnalité du rêveur. Il faut donc prendre conscience des parties de notre personnalité qui s’opposent et leur donner une voix, afin de parvenir à une solution et à un équilibre (Kellogg, 2015). La théorie de Beck, éminent cognitiviste, avance que les rêves représentent les conceptions de la personne à propos d’elle-même, de son environnement et de l’avenir. En conséquence, les rêves aident à reconnaître et ainsi à transformer les distorsions cognitives qui créent des émotions souffrantes. En résumé, nous pouvons dire que les rêves auraient comme objectif une meilleure connaissance de soi, un épanouissement personnel et une meilleure adaptation à notre environnement. Nos rêves attirent notre attention sur nos inquiétudes ou nos problèmes, conscients ou non, afin de nous aider à trouver des solutions les plus saines possible. Le rêve tente de rétablir un équilibre dans notre vie en donnant une voix aux besoins et aux désirs que nous nions ou desquels nous ne prenons pas soin. Le but des rêves serait que notre vie soit en harmonie avec nos valeurs profondes. Enfin, les rêves nous aideraient à trouver des réponses à nos questionnements et stimuleraient nos pulsions créatrices. En effet, il existe un dossier impressionnant de découvertes que des créateurs, dans des domaines aussi variés que la chimie, la physique, les arts visuels et la littérature, attribuent à leurs rêves. Citons en exemple le tableau périodique (tableau en chimie des propriétés physiques) par Dmitri Mendeleïev, les mécanismes de la transmission nerveuse par Otto Loewi, la structure moléculaire du benzène par Kékulé, la pénicilline par Fleming, l’insuline par Banting, la mise au point de la machine à coudre par Howe et la composition du Messiah par Friedrich Haendel. Hans Selye a aussi attribué aux rêves bien des idées créatrices sur sa théorie du stress.

 Nous invitons toutes les proches aidantes à venir participer à ces groupes de soutien par le rêve, à découvrir cette ressource insoupçonnée offerte par notre cerveau, afin de nous aider à atteindre une vie riche, gratifiante et pleine de sens. Les prochains groupes auront lieu le 12 mars et le 9 avril. Notez qu’il n’est pas nécessaire de se souvenir de ses rêves pour participer à ce groupe ni de partager personnellement un rêve.

 Y des femmes de Montréal

Programme soutien aux proches aidantes

1355, boulevard René-Levesque Ouest (coin Crescent)

Inscriptions : 514 866-9941, poste 226, ou [email protected]


Sources

Kellogg, S. (2015). Transformational Chairwork : Using Psychotherapeutic Dialogues in Clinical Practive. United States of America : Rowman & Littlefield.

Moss, E. (2002). Working with Dreams in a Bereavement Therapy Group. International Journal of Group Psychotherapy, 52(2).

Pesant, N., Zadra, A. (2004). Working with Dreams in Therapy : What do We Know and What Should We Know? Clinical Psychology Review. 

Pesant, N., Zadra, A. (2006). Dream Content and Psychological Well-Being : A Longitudinal Study of the Continuity Hypothesis. Journal of Clinical Psychology, 62(1).

Reeskamp, H. (2006). Working with dreams in a clinical setting. American Journal of Psychotherapy, 60(1).