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COVID-19 | Aînés et vacinés!

Le 7 avril 2021


Partout on parle des vaccins contre la COVID-19 fabriqués notamment par Pfizer-BioNTech et Moderna. Dans toutes les régions de la province, la population de 55 ans et plus est invitée à prendre rendez-vous pour se faire vacciner. L’objectif : protéger les plus vulnérables d'abord et atteindre, dans la prochaine année, l’immunité collective. Le soulagement se fait sentir d’un bout à l’autre du Québec.

Et vous, avez-vous pris votre rendez-vous ou encouragé vos proches âgés à le faire? Avez-vous une réticence à vous faire vacciner? La nouveauté de ce type de vaccin vous inquiète-t-elle?

Dans un article récent publié dans le magazine Virage, Alexandre Chagnon, pharmacien hospitalier et fondateur de questionpourunpharmacien.com, répond à certains questionnements qui pourraient vous faire hésiter à vous faire vacciner contre le virus.

J’hésite à me faire vacciner compte tenu du fait que le développement des vaccins contre la COVID-19 s’est fait rapidement. Qu’en est-il vraiment?

C’est vrai, le développement des dizaines de candidats vaccins présentement à l’étude contre la COVID-19 s’est fait rapidement. Cela dit, il est faux de penser que tout le travail a été fait depuis décembre 2019, quand le virus a fait son apparition dans la région de Wuhan en Chine.

En fait, la technologie des vaccins à ARN (dont ceux fabriqués par Pfizer-BioNTech et Moderna) est loin d’être nouvelle! L’étude de ce type de vaccins a débuté il y a de nombreuses années. Depuis près de 15 ans, des centaines de chercheurs à travers le monde travaillent d’arrache-pied pour que cette technologie prometteuse puisse être utilisée chez l’humain. Grâce au travail de ces chercheurs, nous avions déjà une très bonne longueur d’avance sur le virus quand il s’est pointé le bout du nez.

Pourquoi ne pas avoir simplement utilisé les technologies « traditionnelles »?

Un vaccin, c’est quand on administre à une personne en santé une portion d’un virus ou le virus complet, mais qu’on aura affaibli, afin que le corps puisse l’identifier et préparer une immunité contre ce dernier. Le but est simple : si le virus non affaibli devait se présenter dans notre corps par la suite, le corps serait prêt à passer à l’attaque pour l’éliminer rapidement, avant que nous tombions malades.

Traditionnellement, on utilisait le virus complet, mais affaibli, ou le virus qu’on avait coupé en petits bouts avant de l’injecter à une personne. Mais cela pose problème quand on doit vacciner un très grand nombre de personnes en peu de temps. Il faut cultiver une grande quantité de virus à injecter, ce qui est très long. Une des solutions à ce problème, c’est l’approche derrière les vaccins à ARN. Avec cette technologie, on injecte la recette qui permet à nos cellules de produire une petite partie du virus, inoffensive lorsque prise seule, au lieu d’injecter le virus. On peut ensuite compter sur le travail de notre système immunitaire qui reconnaîtra cette partie (une protéine dans le cas de la COVID-19), à la suite de la vaccination. Lorsque le vrai virus donnant la COVID-19 entrera en contact avec notre corps, notre système immunitaire sera prêt. Nous serons immunisés.

Les vaccins nous protègent-ils contre les mutations du virus?

Grâce à l’injection de la recette plutôt que du vaccin, nous sommes également mieux préparés à la présence de nouveaux variants. La technologie à ARN nous permet de rapidement changer la recette qu’on injecte dans le corps pour tenir compte de cette nouvelle apparence et ainsi nous assurer que notre corps soit toujours protégé contre la COVID-19. Bien que les vaccins à ARN n’aient jamais été utilisés pour nous protéger d’un virus avant 2020, on peut dire qu’ils sont au moins aussi sécuritaires que les vaccins dits traditionnels.

Qu’en est-il des effets secondaires?

À ce jour, des millions de personnes ont déjà reçu le vaccin contre la COVID-19 dans le monde. Dans l’ensemble, nous voyons que les effets secondaires ressentis par ces personnes sont très légers et bien alignés sur les effets que causent habituellement les vaccins plus traditionnels, soit une douleur au site d’injection et des courbatures dans les deux à trois jours suivant l’injection.

En bref, il ne faut pas craindre les nouveaux vaccins sur la base qu’ils sont, justement, nouveaux. Plus d’une décennie de recherchesnous permet aujourd’hui un retour rapide vers une vie plus normale. Et nous avons les scientifiques du monde entier à remercier pour cela.

Que faire si j’ai encore des questions?

Vous pouvez consulter la section du site du gouvernement du Québec consacrée à la vaccination contre la COVID-19 ici et celle du gouvernement du Canada ici.

Vous pouvez également soumettre vos interrogations gratuitement à des pharmaciens du Québec en visitant le questionpourunpharmacien.com.


Sources

Chagnon, Alexandre, pharmacien hospitalier et fondateur de
questionpourunpharmacien.com, « Dites oui à la vaccination ! », dans Virage, printemps 2021, p. 22-23