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Les deuils vécus par le proche aidant

Le 24 septembre 2019

La personne aidante qui vit une certaine symbiose avec son proche peut s’oublier souvent et pendant plusieurs années. Durée à laquelle plusieurs pertes sont vécues.


La personne aidante qui vit une certaine symbiose avec son proche peut s’oublier souvent et pendant plusieurs années. Une relation dite symbiotique est une association étroite, presque fusionnelle, entre deux personnes. Le proche aidant fera alors passer les besoins de l’autre en priorité, en laissant de côté ses propres besoins.

On verra alors la personne aidante :

  • penser pour deux (l’aidé et soi);
  • prendre des décisions en fonction de l’autre;
  • gérer les biens matériels, financiers, alimentaires ainsi que la médication de l’autre, en plus des siens;
  • être étroitement lié avec l’aidé;
  • jouer un rôle de protecteur (sécurité) et de défenseur des droits de l’autre (hôpital, CHSLD), etc.

Dans ce genre de relation, l’aidant peut avoir peur de se tromper dans ses décisions ou dans ses interventions. Il peut aussi craindre de blesser, de déranger ou même d’être jugé et critiqué par l’entourage ou par son aidé. Sans oublier que le décès de son proche peut lui faire vivre un deuil énorme. Même sans mourir réellement, plusieurs petites morts s’enchaînent. Le deuil d’un être cher est un état de tristesse et de détresse profonde. Le chagrin se traduit par un ensemble de symptômes physiques et psychologiques qui apparaissent après la perte.

Les formes du deuil
  • Deuil blanc ou anticipé : Deuil d’une personne qui est toujours vivante. Deuil de la relation d’avant, du rôle de chacun qui change à cause de la maladie, d’un handicap et/ou de la perte d’autonomie.
  • Deuil de la normalité : Notre réalité quotidienne (maladie, handicap, pertes)  s’éloigne de plus en plus de ce que l’on aurait dû vivre en temps normal, de ce que vivent les gens «ordinaires».
  • Deuil inattendu : Très lourd à accepter et à supporter. Choc violent. Disparition, mort par accident, déménagement en hébergement à cause de la maladie, AVC, suicide, etc.

Le processus de deuil comporte des étapes par lesquelles il est important de passer et de prendre le temps de vivre, afin de faciliter la guérison. Ce passage est vital pour trouver la force d’accepter la perte douloureuse et de reprendre le cours normal de sa propre vie. C’est un cheminement qui dure généralement de un à deux ans, mais qui peut aussi s’étirer jusqu’à cinq ans, selon le soutien de l’entourage, les circonstances entourant la perte, son propre vécu et sa capacité à accepter la situation.

Repousser le deuil ou l’ignorer peut mener, à long terme, à des problèmes affectifs ou à des maladies physiques, dont l’anxiété, la fatigue chronique, l’épuisement et la dépression majeure.

Pour aller vers la guérison du deuil

voici quelques pistes :

  • Libérer son chagrin, laisser sortir les émotions ressenties;
  • S’exprimer, en parlant à une personne de confiance ou à l’intérieur d’un groupe de soutien;
  • Fréquenter des gens qui ont vécu des deuils similaires et partager leurs astuces;
  • Parler de ses inquiétudes à son médecin, envers ses états d’âme;
  • Laisser graduellement la place au changement, à un nouveau mode de vie.

Sources

Source : Johanne Massicotte, Cahiers des chroniques 2018-19 de l’Association des personnes aidantes de la Vallée-de-la-Batiscan, p. 18