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L’AUTOCOMPASSION: POUR ÊTRE CAPABLE DE PRENDRE SOIN DES AUTRES!

Le 27 mars 2019

Une façon de se protéger contre l’usure de compassion et l'épuisement serait entre autres, de développer de la compassion, de la bienveillance et de la délicatesse envers soi-même. En dépit des difficultés, donnez le crédit aux efforts accomplis!


Lorsqu’une amie vous raconte ses mésaventures, il ne vous viendrait sans doute pas à l’esprit de lui dire : « Ce que tu peux être bête, c’est vraiment impardonnable ce que tu as fait! » Bien au contraire, vous allez plutôt tenter de l’encourager, de lui faire prendre conscience que ce n’est pas si dramatique, que sa vie ou sa réputation ne sont pas en danger. Vous allez vouloir la rassurer. Vous faites preuve d’empathie envers cette amie. Mais lorsqu’il s’agit de vous, quand vous avez l’impression d’avoir fait quelque chose que vous ne deviez pas faire, quand vous vous sentez coupable, comment réagissez-vous?

Comme proche aidant, il y a tellement de choses pour lesquelles on peut se sentir coupable, à tort ou à raison! Lorsque cela arrive, êtes-vous aussi compatissant, aussi bienveillant envers vous-même que vous l’êtes envers les autres? Avez-vous, au contraire, tendance à vous autoflageller, à vous traiter de tous les noms? Réservez-vous toute votre empathie et votre compassion pour les autres? N’en reste-t-il donc pas pour vous-même?

La sévérité, les attentes très élevées, le manque d’indulgence envers soi-même peuvent conduire à l’usure de compassion, cet épuisement complet, physique, psychologique et émotionnel susceptible de frapper toutes les personnes qui s’investissent dans l’aide à autrui.

Une des façons de se protéger de l’usure de compassion serait donc de développer de la compassion, de la bienveillance envers soi-même. De se traiter avec délicatesse et de reconnaître tous les efforts accomplis malgré les difficultés. « Pour contrer l’usure de compassion, il n’existe pas de meilleur remède que d’avoir de la compassion envers soi-même. Car pour avoir le goût des autres et pouvoir les aider, il faut d’abord retrouver le goût de soi. » (Johanne Lessard1)

Vous voulez savoir si vous êtes compatissant envers vous-même? Faites le test: psychomedia.qc.ca/tests/echelle-de-compassion-envers-soi-meme.

Voici quelques exemples d’affirmation que vous y trouverez :

  • Je suis tolérant(e) envers mes propres défauts et insuffisances.
  • Je suis intolérant(e) et impatient(e) envers les aspects de ma personnalité que je n’aime pas.
  • Je suis bienfaisant(e) envers moi-même quand je vis de la souffrance.
  • Je peux avoir le cœur un peu dur envers moi-même quand je ressens de la souffrance.

Vous aurez 5 choix de réponse pour chacune des affirmations, allant de « presque jamais » à « presque toujours ». Cela vous donnera des pistes à explorer pour mieux vous apprécier et prendre soin de vous!


Sources

1 _  Johanne Lessard est chargée d’enseignement à la Faculté de théologie et de sciences religieuses. Depuis de nombreuses années, elle donne un cours intitulé Intervention auprès du mourant à des étudiants provenant de diverses facultés de l’université. 

Madeleine Fortier, auteure du livre Usure de compassion : jusqu’où aller sans se brûler? Proche aidante pendant douze ans, elle partage dans cet ouvrage des outils et des réflexions pour aider ceux qui aident les autres.