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30e ÉDITION DE LA SEMAINE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

Le 10 janvier 2020


Du 2 au 8 février 2020, se déroulera la 30e édition de la Semaine de prévention du suicide. Le suicide touche toutes les tranches d’âge. Les personnes de 65 ans et plus ne sont pas épargnées: en 2016, elles ont été près de 200 à décéder d'une mort évitable, le suicide.

 

La détresse suicidaire guette aussi les proches aidants. Selon une étude menée par Charles Viau Quesnel, Ph.D., département de psychoéducation, et Audrée Teasdale Dubé, candidate au Ph.D., département de psychologie, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, et présentée au 87e Congrès de L’ACFAS le 30 mai 2019, le rôle de proche aidant est fréquemment associé à une augmentation de la détresse psychologique, à de l’isolement social et à un risque accru de développer des problèmes de santé. Les aidants rapportent souvent vivre plus de sentiment d’impuissance et de culpabilité (voir p. ex . Prunty et Foli , 2019; Morley et al., 2012; Schrag et al., 2006; Noyes et al., 2006; Sörensen et al., 2006, Cuijpers, 2004).

Les proches aidants présentent donc fréquemment des attributs qui sont typiquement considérés comme des facteurs de risque pour la détresse suicidaire. Pourtant, peu d’études se sont intéressées à la détresse suicidaire chez les proches aidants. Aucune étude québécoise ou canadienne n’est recensée. Les quelques études publiées rapportent des taux d’idéations suicidaires variant entre 16 et 26% des proches aidants (Joling , et al., 2018; O'Dwyer et al., 2016; 2013). De ceux ci, la moitié avaient parlé de leur plan à un proche ou un professionnel et le tiers rapportaient qu’il était probable qu’ils passent à l’acte dans le futur (O’Dwyer et al., 2013).

Dans le contexte d’apparition de la détresse suicidaire, on note les conflits familiaux, l’épuisement, les difficultés liées au placement et le sentiment de captivité et d’impuissance. Plusieurs participants ont relatés des conflits et ont relevé que ceux-ci influençaient directement leur détresse suicidaire, mais aussi leurs sentiments d’isolement et d’impuissance.

Les conflits familiaux avaient également été relevés dans les travaux de O'Dwyer, Moyle, et van Wyk (2013). Les présents travaux permettent d’illustrer certaines thématiques de conflits: les reproches sur les soins dispensés, les désaccords sur les soins, par exemple face au placement de l’aidé, et la peur des erreurs et des reproches.

La place de l’épuisement dans l’expérience d’idées suicidaires a déjà été mise de l’avant dans d’autres travaux portant sur les aidants ( O'Dwyer , Moyle , & van Wyk , 2013 ). L’épuisement et les symptômes dépressifs associés sont typiquement déterminés de façon multifactorielle. Toutefois, la présence de troubles comportementaux et psychologiques chez l’aidé est généralement le facteur le plus influent. 

L’ instrumentalisation dans l’offre de soins, l’isolement et la surcharge inhérente aux techniques neuro-cutanée (TNCs) sont également importants à relever.

Les difficultés liées au placement

Désaccord face au placement. La culpabilité est fréquemment relevée comme une émotion au coeur de la détresse des proches aidants (voir p. ex. Prunty & Foli , 2019). Elle contribue à l’épuisement et survient fréquemment lors du placement.

Solitude et deuil relationnel. L’isolement social est fréquent chez les proches aidants (Sörensen Duberstein, Gill, & Pinquart, 2006), et la solitude est un facteur de risque pour la présence d’idéations suicidaires chez les aidants (Joling O'Dwyer Hertogh, & van Hout, 2018). Extraits tirés de la présentation faite au 87e Congrés de l’ACFAS qui s’est tenu du 27 au 31 mai 2019.  

Pour plus de renseignements, visitez le site Comment parler du suicide.