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Nutritionnistes et proches aidants, alliés contre la dénutrition des aînés

Le 22 décembre 2016

L’alimentation est à la base d’une bonne santé en plus d’être associée au plaisir et à la qualité de vie. Pour les aînés vivant à domicile, les repas ajoutent un sentiment de sécurité et d’autonomie à leur quotidien.


Avec l’âge, des maladies et autres problématiques de santé apparaissent nécessitant des modifications alimentaires qui peuvent avoir de sérieuses conséquences sur la qualité de vie des individus.

En effet, les aînés qui requièrent des soins à domicile présentent fréquemment des conditions affectant leur état nutritionnel telles que des troubles cognitifs et de la dysphagie. La dénutrition est aussi très répandue chez cette clientèle. Rappelons que la dénutrition est un état qui résulte d’un manque d’apport protéino-énergétique par rapport aux besoins d’un individu. On illustre souvent la dénutrition sous forme d’une spirale puisque la personne qui perd du poids progressivement devient plus fragile aux infections, plus à risque de chute et de fracture nécessitant bien souvent une hospitalisation. On estime que plus de 45% des personnes âgées admises en soins de courte durée présentent déjà une dénutrition modérée à sévère et leur état nutritionnel se détériore souvent lors de l’hospitalisation. Lorsqu’il y a retour à domicile, l’aîné est souvent plus dénutri qu’au départ et le cercle vicieux de la dénutrition se poursuit.

Les proches aidants sont souvent en première ligne pour déceler, signaler et contribuer à la prévention et au traitement de la dénutrition. Au soutien à domicile, ils deviennent des partenaires privilégiés pour la nutritionniste puisque l’aîné n’est pas apte bien souvent à gérer seul son plan de traitement nutritionnel. Les partenaires de la communauté tels que la popote roulante et les services traiteurs sont aussi d’une aide précieuse lorsque appréciés par l’usager. Ainsi, la nutritionniste doit mobiliser tous les partenaires du milieu pour s’assurer que l’alimentation répond aux besoins des usagers, autant du point de vue nutritionnel que de la rhéologie (texture et consistance des aliments) lorsqu’une problématique de dysphagie est en jeu.

A l'heure où l'offre de services d'aide à domicile du réseau public est plus restreinte, il est essentiel de pouvoir compter sur la collaboration des proches aidants. Par leur aide à la préparation des repas, leur présence pour stimulation aux repas, leurs rappels et soutien concernant l’utilisation de suppléments nutritionnels ou autres techniques d’enrichissement recommandées au besoin, les proches aidants sont des acteurs importants dans l’application du plan de traitement nutritionnel déterminé par la nutritionniste.

De cette façon, ils contribuent en grande partie à préserver l’état nutritionnel des aînés vivant à domicile tout comme à assurer la réplétion nutritionnelle des usagers dénutris en perte d’autonomie. Dans cette dernière situation, l’amélioration des paramètres tels que le poids corporel, la masse musculaire et les défenses immunitaires de l’usager permet alors d’inverser la spirale de la dénutrition en diminuant les risques d’infection et de chute, ce qui sécurise le maintien à domicile et ajoute à la qualité de vie de l’usager. N'est-ce pas là l'objectif commun de tout intervenant œuvrant en collaboration avec les proches aidants autour de l'aîné vivant à domicile ?

Isabelle Piédalue, nutritionniste
Direction du soutien à l'autonomie
CSSS du Cœur-de-l'Île