Le rôle de proche aidant
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Dix mythes au sujet des personnes proches aidantes

Vous êtes une personne proche aidante, mais vous avez eu de la difficulté à vous reconnaître comme telle? Peut-être éprouvez-vous toujours cette difficulté aujourd’hui? Lorsque vous commencez à accompagner et à soutenir un proche, la priorité pour vous n’est peut-être pas d’être reconnue. Vous pourriez considérer que soutenir un proche est un acte naturel, d’autant plus s’il s’agit d’un membre de la famille. Si vous avez de la difficulté à vous reconnaître comme personne proche aidante, c’est aussi parce que certains mythes persistent dans les familles, dans la société et au travail.

Afin de mieux comprendre votre rôle, il est donc nécessaire de revoir certaines idées reçues. Cela vous aidera à déterminer vos besoins et vos limites, à maintenir l’équilibre entre votre vie personnelle, votre travail et votre vie sociale, et à demander du soutien, si nécessaire. 


1. Je suis une personne proche aidante si l’aidé est un membre de ma famille

Être une personne proche aidante, c’est avant tout avoir un lien d’affection avec l’aidé – voisin, ami, ancien partenaire de vie – qui fait en sorte que l’on répond à son besoin. Les personnes aidées ne sont donc pas seulement des aînés.Accompagner un proche apparaît très souvent comme une évidence. Cependant, les notions de devoir et d’obligation peuvent aussi pousser les aidants – notamment la famille – à s’engager. Or il n’est pas forcément facile ou naturel d’accepter cette responsabilité. Différentes raisons peuvent vous amener à accepter ou non ce rôle. Sachez que vous n’avez aucune obligation à le faire. Le plus important, pour vous, est de prendre votre décision en fonction de vos ressources, de vos compétences, mais aussi de votre envie.

2. Je suis une personne proche aidante seulement si j’habite avec mon proche

Il n’est pas obligatoire d’habiter avec un proche ayant besoin d’assistance pour être une personne aidante. Votre apport peut contribuer au maintien à domicile de ce proche. Et si celui-ci est hébergé en CHSLD, par exemple, votre support peut alors prendre la forme d’un accompagnement à ses rendez-vous médicaux ou à une aide pour remplir des documents légaux.

3. Je suis une personne proche aidante seulement si j’offre plus de cinq heures par semaine de soutien à mon proche pour des soins importants 

Vous êtes une personne proche aidante à partir du moment où vous offrez de l’aide à un proche, qu’elle soit ponctuelle ou régulière. L’ampleur de l’aide n’est pas considérée dans la définition de votre rôle. Que vous souteniez votre proche en effectuant des tâches ménagères, en faisant sa toilette ou en gérant ses finances, l’aide que vous lui apportez à la même valeur.

4. Je suis une personne proche aidante si je possède des connaissances médicales 

Votre présence, votre soutien, votre écoute, votre disponibilité, voilà ce dont votre proche aura besoin pour comprendre sa situation et mieux l’accepter. Si vous devez lui prodiguer des soins que vous connaissez peu ou mal, vous pouvez vous inscrire à des formations spécialisées. Quant aux situations nécessitant des soins médicaux lourds, les professionnels de ce domaine sont là pour vous.

5. Les personnes proches aidantes sont majoritairement des personnes âgées de 65 ans et plus 

Saviez-vous que 55 % des personnes proches aidantes ont entre 45 et 64 ans? Par ailleurs, les jeunes aidants de 15 à 29 ans sont de plus en plus nombreux. Ils seraient plus de 1,2 million au Canada selon une donnée dévoilée lors du premier Symposium pour les jeunes aidants, qui se tenait le 22 mars dernier. 

6. Un proche ne peut être soutenu que par un seul aidant 

En tant qu’aidant principal, vous soutenez votre proche la majeure partie du temps. Vous sentez-vous seul lorsque vous en prenez soin? Bien souvent, les personnes proches aidantes ont du mal à demander de l’aide et à accepter d’en recevoir. Dans d’autres cas, le diagnostic de votre proche arrive si vite que vous n’avez pas le temps de considérer toutes les options. Êtes-vous la seule personne disponible en mesure de donner un coup de main? Il est important de parler de votre situation à votre famille et à vos amis pour qu’ils sachent quelle forme peut prendre leur contribution. Ils deviennent alors des proches aidants secondaires et peuvent aussi vous apporter un soutien psychologique et affectif. Loin d’être une situation fréquente, la présence d’aidants secondaires serait pourtant idéale pour que l’aidant principal puisse bénéficier d’un peu de répit.

7. Je ne suis plus une personne proche aidante si mon proche est décédé

Si vous avez dû faire face au décès d’un proche dont vous preniez soin, vous savez que cette période est particulièrement éprouvante. Vous devez à la fois faire le deuil de votre proche et faire le deuil de votre rôle d’aidant. Même si cet événement marque la fin de votre soutien quotidien ou régulier, il reste des démarches à faire qui prolongeront votre parcours d’aidant. Vous aurez peut-être à organiser des funérailles, à régler les détails de la succession ou à planifier un retour au travail, tâches parfois difficiles. Il est également important pour vous d’être accompagné dans la transition entre votre rôle de proche aidant et votre vie après la proche aidance. Durant cette étape, que l’on appelle la post-aidance, des ressources de soutien aux personnes endeuillées existent. En effet, la ligne d’écoute 1 888 LE DEUIL (1 888 533-3845) est accessible partout au Québec. Certains organismes régionaux offrent également des groupes de soutien ou un soutien individuel pour les personnes endeuillées.

8. Je suis une personne proche aidante si j’ai un document légal qui l’atteste

Aucun document légal n'est nécessaire pour soutenir votre proche. En ce qui concerne votre statut de proche aidant, certaines mesures actuellement en place – comme les crédits d'impôts – reconnaissent en partie les responsabilités que vous endossez comme tel. La première Politique nationale pour les proches aidants du gouvernement du Québec, qui permettra de consolider la reconnaissance des proches aidants, est présentement en rédaction. Il s'ensuivra un plan d’action proposant des mesures concrètes pour répondre à leurs besoins.

9. Je suis une personne proche aidante seulement si l’aidé présente des troubles cognitifs 

Dans votre rôle, vous soutenez un proche en perte d’autonomie. Si les maladies neurodégénératives sont les causes les plus connues de perte d’autonomie, les accidents, fractures et AVC rendent aussi l’aidé plus fragile et plus vulnérable.

10. Il est inutile de demander de l’aide, car il n’y a pas de ressources pour les personnes proches aidantes 

Les ressources existent, mais 65 % des proches aidants d’aînés ne savent pas où les trouver. Le manque de temps ou de proximité des services peut aussi diminuer grandement l’accès aux ressources. Pour que vous puissiez bénéficier de soutien, il est important de vous reconnaître comme une personne proche aidante. Évaluez vos difficultés et vos besoins, puis demandez de l’aide. On vous donnera ensuite accès aux ressources auxquelles vous avez droit.


Sources