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Le blues de l’après-Noël

Le 3 janvier 2022

C'est parfois un peu dur après la période des fêtes. Gaëlle Jean-Louis, conseillère aux proches aidants du service Info-aidant, vous aide à y voir plus clair.


Déjà début janvier! Le temps des fêtes est derrière vous. Vous avez, espérons-le, pu passer du temps avec vos proches. Seulement voilà, en ce début d’année, vous ressentez un malaise; l’inquiétude et la culpabilité prennent le dessus. Un mélange d’émotions vous submerge. Que vous arrive-t-il?

Vous vivez peut-être une sorte de blues d’après-fêtes, ce qui est fréquent chez les personnes proches aidantes. Le service Info-aidant reçoit d’ailleurs de nombreux appels au cours de cette période.

Des retrouvailles perturbées

Vous n’aviez pas vu vos proches depuis de longues semaines. Ce Noël était sans doute très attendu. Et de nouveau cette année, la période des fêtes a été altérée, au dernier moment de surcroit, par les restrictions liées à la situation sanitaire.

La joie de retrouver vos proches a laissé place à l’inquiétude, voire à l’impuissance. En plus du contexte préoccupant, vous avez peut-être constaté que votre proche a perdu en autonomie, que sa maladie a évolué ou qu’il n’a pas fait les progrès escomptés. Vous prenez conscience que les défis à relever sont plus grands que vous ne le pensiez.

La personne qui prend soin au quotidien de votre proche vous préoccupe également. Comment va-t-elle réussir à tout gérer?

Au moment de repartir, vous vous êtes senti coupable de retourner à votre vie normale.

Un peu de magie pendant les fêtes

Prenons un autre exemple. Vous voyez votre proche tout au long de l’année. Il vit peut-être même avec vous. Durant le temps des fêtes, vous avez essayé de mettre de côté la souffrance et les difficultés du quotidien pour qu’un peu de magie apparaisse pendant quelques jours ou quelques heures.

Certains services ont été suspendus au cours de cette période, et votre réseau de soutien a été accaparé par les festivités, et les rassemblements sont de nouveau interdits. Cela a entraîné pour vous une charge et une pression supplémentaires.

Vous regrettez peut-être de ne pas avoir réussi à créer l’atmosphère de fête que vous vous souhaitiez.

Vous n’avez pas eu de pause au cours de cette période. Vous ressentez de la culpabilité.

Ce que vous ressentez est normal!

Vous avez le droit d’éprouver toutes ces émotions! C’est tout à fait humain. Il ne faut pas minimiser votre sentiment d’impuissance ou de culpabilité.

Comment aller de l’avant? Voici la réponse de Gaëlle, conseillère aux proches aidants à Info-aidant : « En allant chercher de l’aide et en prenant soin de vous! On encourage les personnes proches aidantes à prendre soin d’elles. Cela semble banal, mais il faut se rappeler qu’on reste des personnes proches aidantes, même pendant les fêtes. Idéalement, il faudrait réussir à se réserver un peu de temps pour soi, à trouver et à accepter ses limites, à lâcher prise. »

Même si cela ne vous semble pas une priorité, le fait de prendre soin de vous est aussi une manière de soutenir votre proche. Et si vous essayez, sans culpabiliser?

Même loin, vous êtes proche aidant

« Ce n’est pas parce que vous ne vivez pas avec votre proche que vous n’êtes pas une personne proche aidante et que vous ne pouvez pas avoir besoin de soutien. Il ne faut pas se mettre dans une boîte et se dire qu’on ne peut rien faire, car on est loin. Cela nourrit le sentiment de culpabilité », explique Gaëlle. Il y a plus d’une façon d’agir concrètement, même si vous vivez loin de votre proche :

  • Vous estimez que votre proche a besoin d’aide et de services. Si cela est possible, essayer d’en parler avec lui : « Est-ce que tu vas bien? Je t’ai trouvé un peu fatigué… As-tu rencontré ton médecin récemment? »
  • Vous pouvez également échanger avec un membre de votre famille qui s’occupe de cette personne. « Je trouve que Pierre a perdu de ses capacités. J’imagine que c’est difficile pour toi. As-tu pensé à recourir à des services pour vous aider tous les deux? Comment puis-je te soutenir? »
  • Si ce n’est déjà fait, vous pouvez prendre l’initiative d’ouvrir un dossier au CLSC, en faire le suivi, prendre contact avec une travailleuse sociale ou avec des organismes communautaires. Les conseillères et conseillers d’Info-aidant sauront vous écouter et vous guider vers les services adaptés à votre réalité : 1 855 852 7784 ou [email protected].

Rappelez-vous que vous faites ce que vous pouvez, du mieux que vous le pouvez. Et que vous n’êtes pas seul.

Merci à Gaëlle Jean-Louis, conseillère aux proches aidants du service Info-aidant pour sa contribution.