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Être LGBTQ+ et personne proche aidante : un enjeu particulier

Le 12 mai 2021

Au Québec, on estime qu’une personne sur quatre est proche aidante. Cette réalité touche quasiment tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie. Or, dans les communautés LGBTQ+, rares sont les personnes qui se reconnaissent dans ce rôle.


On pense trop souvent que le concept de proche aidance ne concerne que les familles biologiques et les couples hétérosexuels. Et pourtant… il est fréquent de voir des personnes devenir aidantes ou aidants de proches qui ne sont pas issus de leur famille. Notamment, plusieurs personnes proches aidantes LGBTQ+, en plus d’aider les membres de leur famille, aident souvent une ou un ami, une ou un ex-conjoint ou toutes autres personnes qui constituent leur « famille choisie ». Ce manque d’auto-reconnaissance dans ce rôle les empêche d’accéder aux services d’aide et d’accompagnement qui existent, comme les ressources d’information, les services de répit, d’aide à domicile ou de soutien psychosocial.

Une nouvelle loi englobante

Voici ce que dit la nouvelle Loi visant à reconnaître et à soutenir les personnes proches aidantes, adoptée en octobre 2020. Le terme «personne proche aidante» désigne «toute personne qui apporte un soutien à un ou à plusieurs membres de son entourage qui présentent une incapacité temporaire ou permanente de nature physique, psychologique, psychosociale ou autre, peu importe leur âge ou leur milieu de vie, avec qui elle partage un lien affectif, familial ou non. Le soutien apporté est continu ou occasionnel, à court ou à long terme, et est offert à titre non professionnel, de manière libre, éclairée et révocable, dans le but, notamment, de favoriser le rétablissement de la personne aidée et le maintien et l’amélioration de sa qualité de vie à domicile ou dans d’autres milieux de vie. Il peut prendre diverses formes, par exemple le transport, l’aide aux soins personnels et aux travaux domestiques, le soutien émotionnel ou la coordination des soins et des services. Il peut également entraîner des répercussions financières pour la personne proche aidante ou limiter sa capacité à prendre soin de sa propre santé physique et mentale ou à assumer ses autres responsabilités sociales et familiales.»

Pour être une personne proche aidante, il n’est donc pas nécessaire d’être unis par des liens familiaux ou maritaux, ni même de vivre avec la personne aidée.

Un autre enjeu pour les personnes proches aidantes LGBTQ+

Les personnes LGBTQ+ ont souvent subi des stigmatisations au cours de leur vie – en particulier les plus âgées – et elles peuvent demeurer craintives à l’idée de révéler leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Or, la question du lien qui unit deux personnes surgit toujours lorsqu’on a recours à des services d’aide. Si les divers intervenantes et intervenants ne manifestent pas d’ouverture à la diversité sexuelle et de genre, certaines personnes LGBTQ+ pourraient ne pas se sentir à l’aise. Tout cela ajoute un stress supplémentaire qui les décourage à avoir recours aux services d’aide. On sait pourtant à quel point le rôle de personne proche aidante peut être exigeant. Sans aide extérieure, sans accompagnement, ces personnes courent un risque élevé d’épuisement et d’isolement social.

Une bonne nouvelle

Pour répondre à cette situation, nos partenaires de la Fondation Émergence ont mis sur pied le programme Famille choisie. Celui-ci a pour mission de joindre les personnes proches aidantes LGBTQ+ pour les soutenir, les renseigner sur les services existants et les aider à acquérir des connaissances qui leur seront utiles dans leur rôle.

Ce projet comprend trois volets :

  • Une campagne d’information et de sensibilisation auprès des communautés LGBTQ+ sur le concept de proche aidance.
  • Des séances d’information mensuelles leur permettant d’acquérir des compétences utiles à leur rôle et d’obtenir des renseignements sur les services d’aide existants.
  • Des groupes de discussion mensuels et des ateliers de partage créatif pour leur permettre d’échanger sur leurs réalités de personne proche aidante et de lutter contre l’isolement.

La Fondation Émergence est également à l’origine de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, célébrée tous les 17 mai. Cette date symbolique commémore la décision de l’Organisation mondiale de la santé, le 17 mai 1990, de ne plus considérer l'homosexualité comme une maladie mentale.

La Fondation Émergence a également mis sur pied le programme Pour que vieillir soit gai. Ce dernier est soutenu par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour sensibiliser gratuitement, à travers tout le Québec, les prestataires de services aux personnes aînées et proches aidantes LGBTQ+.

Merci à Julien Rougerie, Chargé de programmes – Pour que vieillir soit gai & Famille choisie de la Fondation Émergence pour son précieux apport dans la rédaction de cet article. Pour de l’information ou des conseils, vous pouvez contacter la Fondation Émergence au 438 384-1058 ou par courriel, à [email protected]