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Concilier études postsecondaires et problèmes de santé mentale d’un parent : un défi de taille!

Le 28 septembre 2021

Les problèmes de santé mentale ont un impact sur la personne atteinte, mais aussi sur sa famille et les gens qui vivent avec elle. LaPProche se penche sur la situation des jeunes de 0 à 25 ans qui ont un parent atteint d’un trouble mental.


Obtenir un diplôme d’études postsecondaires relève parfois de l’exploit 

Obtenir un diplôme d’études postsecondaires relève parfois de l’exploit pour les jeunes qui sont aux prises avec les problèmes de santé mentale d’un parent. Si les établissements postsecondaires ne parlent pas d’eux, c’est surtout parce qu’ils ne connaissent pas précisément la proportion d’étudiants concernés, et pas davantage leur réalité de tous les jours ou leurs besoins. Une étude a été menée par Caroline Jubinville et le Laboratoire de recherche et d’actions pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale et leurs proches (LaPProche), auprès de quelques étudiants et membres du personnel d’un établissement postsecondaire québécois, afin de connaître leur point de vue à ce sujet. Voici quelques éléments de réponse. Une collaboration spéciale de LaPProche.

La situation de Marianne

Marianne (nom fictif) entame sa deuxième année de baccalauréat et elle l’appréhende grandement. Sur le plan scolaire, Marianne s’est toujours considérée comme étant douée, mais maintenant, elle arrive à peine à remettre des travaux satisfaisant aux exigences.

Plus elle vieillit, plus elle est consciente des problèmes de santé mentale de sa mère et plus elle a l’impression que l’état de celle-ci se détériore. Elle se sent obligée de prendre soin d’elle et de son frère cadet. Quand elle rentre à la maison et que le frigo est vide, elle va faire les courses. Elle doit rappeler à sa mère de prendre ses médicaments chaque jour et gérer ses rendez-vous médicaux. Elle se dit souvent qu’en fait, c’est elle, le parent dans la maison.

Elle sait très bien que sa préoccupation première devrait être ses études, mais elle ne peut s’empêcher d’être constamment distraite. En classe, elle s’inquiète de l’état de sa mère, alors qu’à la maison, elle se sent stressée parce qu’elle n’arrive pas à se concentrer suffisamment pour étudier et faire ses travaux. C’est une boucle sans fin! Et ça, c’est sans compter les absences en classe à cause des crises de sa mère. Et, bien sûr, Marianne doit travailler, parce que ses parents ne sont pas en mesure de l’aider financièrement.

Parfois, elle se dit qu’inconsciemment, elle a dû choisir d’étudier en relation d’aide en raison de la maladie de sa mère. Mais, ironiquement, elle n’a aucune idée de comment s’aider à traverser tout ça. Le sentiment d’impuissance, c’est ce qui la ronge le plus. Entre-temps, elle fait de son mieux, même si elle sait qu’elle a des résultats qui ne sont pas à la hauteur de ce qu’elle pourrait obtenir.

Marianne n’a jamais parlé de sa situation familiale à ses collègues de classe, qu’elle ne côtoie que très peu, consacrant beaucoup de temps à sa mère. Elle refuse d’ailleurs d’inviter ses pairs à la maison pour faire des travaux d’équipe, de peur d’être jugée pour la paranoïa de sa mère et l’état de la maison. Parce que oui, les problèmes de santé mentale, ce n’est toujours pas un sujet facile à aborder! Et pourtant, elle aide sa mère au même titre que si cette dernière souffrait d’une maladie physique. Tristement, elle envie les étudiants qui ont des enfants, considérant l’aide financière qu’ils peuvent recevoir. Bien qu’elle leur reconnaisse un grand mérite, elle se dit tout de même que ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfants, qu’on n’a personne à sa charge.

C’est sa deuxième année, et malgré tout, elle n’a aucune idée vers qui se tourner pour trouver du soutien. Elle ne connaît pas les programmes d’aide offerts par son université, et ses professeurs lui donnent l’impression qu’elle doit laisser ses problèmes personnels en dehors de la salle de classe. Comme si c’était possible! De toute façon, elle préfère de loin conserver ses énergies pour l’essentiel plutôt que se battre pour obtenir de l’aide.

Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’il y a probablement plusieurs autres étudiants dans la même situation. D’autres étudiants qui se taisent, parce qu’ils ne sentent pas que leur situation est reconnue par leur établissement d’enseignement. Beaucoup de ces étudiants, comme Marianne, souffrent d’avoir une charge aussi grande, d’avoir à trouver leur place dans le monde en tant qu’adulte en devenir, de devoir mettre leur vie sociale ou certains projets de côté ou de voir leur propre santé mentale se détériorer.

Malgré tout ça, Marianne ne regrette pas ses choix, mais elle aimerait vraiment que son université tienne compte de sa situation, soit en montrant une certaine flexibilité, en procurant une aide financière ou un soutien psychosocial. Elle aimerait par-dessus tout que des mesures facilitant les demandes d’aide et l’accès aux services soient mises en place.

Ce qu’en dit le milieu universitaire

Les enseignants et les membres du personnel qui ont à cœur de soutenir les étudiants reconnaissent de plus en plus les défis rencontrés par ces jeunes et à les considérer comme des étudiants à risque de :

  • vivre de la détresse psychologique;
  • jouer un rôle de proche aidant;
  • manquer de temps pour leurs études.

Ces professionnels ne savent toutefois pas si les mesures d’aide et de soutien existantes dans leur établissement répondent aux besoins de ces étudiants. Heureusement, ils se disent ouverts à en apprendre davantage sur les difficultés que rencontrent les jeunes qui sont aux prises avec les problèmes de santé mentale d’un parent et soulignent l’importance de mettre en place des politiques et mesures d’aide qui leurs seraient destinées.

De l'aide près de chez vous, il y en a

Voici quelques conseils pour les jeunes aux prises avec les problèmes de santé mentale d’un parent comme Marianne.

Faites appel :

  • aux services qui existent déjà. La plupart des établissements postsecondaires offrent du soutien psychosocial;
  • au réseau Avant de Craquer, ligne de référence : 1 855 272-7837 (1 800 CRAQUER);
  • au côté humain et sensible de vos professeurs. Ils veulent votre réussite;
  • à Info-aidant, un service d'écoute, d'information et de références professionnel, confidentiel et gratuit. Le contact peut se faire par téléphone au 1 855 852-7784 tous les jours de de 8 h à 20 h et par courriel;
  • à votre réseau de soutien, vous n’êtes pas seul !

Consultez :

Découvrez davantage LaPProche :

Le guide Quand ton parent a un trouble mental