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COVID-19 – Engager et alimenter la conversation avec son proche

Le 6 mai 2020

Vous savez que le confinement est particulièrement difficile pour la personne aînée dont vous prenez soin. Pourtant, votre proche ne s’exprime pas ou très peu sur la situation. Comment engager la conversation pour l’inviter à partager son ressenti?


On recommande aux personnes âgées, qui sont particulièrement vulnérables à la COVID-19, de ne pas sortir, qu’elles habitent à leur domicile ou avec leur proche aidant. Une telle situation risque d’amplifier des émotions qui pourraient être gérables en temps normal : la solitude selon la situation, mais aussi la peur de l’inconnu. Certaines, craignant de déranger par leurs questions, préfèrent réprimer leurs inquiétudes.

Comment amorcer le dialogue et s’assurer qu’elles comprennent la situation, son évolution et les consignes? N’oubliez pas non plus l’importance de parler « d’autre chose ». Un échange sain entre vous pourrait commencer par une vérification du niveau de l’anxiété avant d’aborder des sujets plus légers, qui contribueront à diminuer son stress et le vôtre.

 

Utiliser des questions ouvertes

Marie Beaulieu, professeure titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke, et Nima Machouf, épidémiologiste, suggèrent l’emploi de questions ouvertes. Simples et directes, elles permettent de repérer rapidement la vulnérabilité d’une personne aînée et de comprendre sa vision de l’actualité :

  • Qu’est-ce que tu sais sur le COVID-19? Pour éviter que votre proche ait une mauvaise perception de la réalité, il est bon d’évaluer ses connaissances et de les corriger à l’aide de sources sûres. Un tel exercice sera aussi, pour vous, l’occasion de faire le point sur toutes les nouvelles véhiculées quotidiennement (voir notre article COVID-19 – Les nouvelles : différencier le vrai du faux).  
  • Comment te sens-tu face à ça? La réponse à cette question ne viendra peut-être pas immédiatement, mais n’hésitez pas à rassurer votre proche, à vous concentrer sur ce qui est constructif, sur les aspects de la situation qui s’améliorent, ou en lui rappelant que vous êtes à sa disposition pour parler avec lui, s’il le veut.
  • As-tu des questions, des idées qui te tracassent? Des questions plus précises nécessiteront assurément une recherche plus poussée de votre part. De nouveau, soyez positif dans votre démarche : utilisez une source sûre, récente et un angle rassurant.
  • Comment t’occupes-tu? Si votre proche habite à son domicile, son quotidien a sans doute changé.Par sa réponse, vous aurez une idée de sa routine, vous saurez s’il se nourrit correctement, s’il fait preuve d’un minimum d’organisation, s’il s’ennuie… Vous pourrez alors lui proposer de nouvelles habitudes ou certaines activités pour le remotiver.
  • As-tu les coordonnées de ton médecin et de ta pharmacie? Si ce n’est pas le cas, demandez-lui de les écrire sur un papier et de les laisser à côté du téléphone.

 

Parler d’autre chose… et accepter le refus

Parler uniquement du coronavirus et de tout ce qui l’entoure n’est pas recommandé. Cependant, l’inspiration peut vous manquer dans le choix des sujets. Pourquoi ne pas faire travailler les souvenirs de votre proche? Son éducation, son enfance, son travail, mais aussi ses opinions, ses intérêts… Certains éléments peuvent le rendre émotif, donc abordez des sujets légers, drôles qui apporteront de la lumière dans la conversation.

Il se peut que vos efforts ne donnent pas les résultats escomptés. Votre proche a ses hauts et ses bas; il peut choisir de ne pas parler ou de ne rien faire. Ne prenez surtout pas ce refus comme un échec, comme un manque de volonté ou un excès de paresse de sa part. Plus facile à dire qu’à faire, c’est certain, mais accepter cet état vous évitera de dépenser beaucoup d’énergie pour rien. Laisser votre proche ne rien faire, dormir ou regarder la télévision tout en s’assurant que ce n’est qu’une phase, c’est aussi ça, l’accompagner.

Si vous avez besoin de conseils, d’écoute ou d’information, ou si la situation devient trop difficile, vous pouvez contacter nos conseillères et conseillers du service Info-aidant, tous les jours, de 8 h à 20 h :

Par téléphone : 1 855 852-7784

Par courriel : [email protected]

 

Merci à Mme Beaulieu d’avoir généreusement accepté l’utilisation de ses propos dans le cadre de cet article.


Sources