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Les proches aidants jeunes ou mineurs

Le 11 décembre 2019

Dans un contexte maintes fois évoqué de vieillissement de la population, le portrait des aidants est lui aussi appelé à changer.


D’année en année, on observe que les proches aidants sont de plus en plus jeunes. En 2012, 27 % des Canadiens de 15 à
29 ans fournissaient, d’une façon ou d’une autre, des soins à un membre de la famille ou à un ami. Quelles sont les réalités de ces jeunes dont les actions sont aujourd’hui davantage mises en lumière?

Quatre jeunes proches aidants sur dix soutiennent principalement leurs grands-parents. Viennent ensuite leurs parents (27 %), leurs frères, sœurs ou autres membres de la famille (11 %), mais aussi des amis ou des voisins (14 %). Maladie, dépression, handicap ou deuil sont autant d’épreuves qui peuvent affecter les activités de la vie quotidienne. Ces jeunes s’impliquent auprès de leur famille par choix ou en l’absence d’un autre adulte.

Le concept de jeune proche aidant est relativement récent, mais des recherches sont mises en place pour comprendre leur réalité, définir leurs besoins et cerner les incidences d’un tel engagement.

Le rôle d’un jeune proche aidant

Les problèmes de santé avec lesquels ces jeunes sont aux prises sont principalement liés au vieillissement et à la perte d’autonomie qui lui est souvent associée. Cela dit, les conséquences des maladies cardiovasculaires, du cancer, de blessures et de maladie mentale sont de plus en plus présentes. Il n’y a qu’à penser à une famille monoparentale dans laquelle le parent serait atteint d’un cancer. Du fait de sa présence et de sa proximité, c’est bien souvent l’enfant qui veillera sur son parent.

Ainsi, les jeunes aidants soutiennent leurs proches dans des tâches comparables à celles des proches aidants en général : préparation des repas, ménage, transport pour des rendez-vous, courses. Dans certains cas, les soins d’hygiène personnelle entrent également en ligne de compte.

Quel que soit le type d’aide, la majorité des jeunes aidants se sentent valorisés par leur rôle ; ils en tirent même une certaine fierté. Avec de telles responsabilités, ils deviennent aussi plus matures et constatent que leurs liens avec la personne aidée sont renforcés.

Quelles sont les répercussions?

En dépit de ces bénéfices, leur rôle d’aidant vient aussi avec son lot de difficultés, qu’il est souvent difficile de conjuguer avec d’autres obligations. Tout comme les personnes de la génération sandwich (personnes âgées de 45 à 64 ans qui s’occupent de leurs enfants et de leurs parents en perte d’autonomie), les jeunes aidants sont partagés entre leurs responsabilités scolaires, professionnelles et les soins à prodiguer à leurs proches. Un jeune aidant sur cinq admet que son rôle a une incidence sur son parcours scolaire. Absences, retards dans les travaux et diminution du temps consacré aux études, sont parmi les conséquences les plus communes. Le cheminement scolaire s’en trouve perturbé et beaucoup se voient contraints de quitter l’école. Faute de pouvoir mener tous leurs défis de front, le décrochage scolaire s’observe de plus en plus. Il a d’ailleurs été ciblé lors du premier symposium « Mettre en lumière les jeunes proches aidants·e·s » qui s’est tenu au printemps dernier, à Montréal.

Ces difficultés se dupliquent aussi dans le milieu de travail. Les jeunes arrivent en retard, doivent partir plus tôt, ou prendre congé plus souvent. Sans compter le répercussions émotionnelles, mentales et physiques qui entraînent de la fatigue, ainsi que des sentiments de crainte et d’anxiété.

Peu importe l’âge, il n’est jamais facile, pour un proche aidant, d’établir ses limites.

Vers une reconnaissance des jeunes proches aidants

Si, aujourd’hui, le phénomène est reconnu, il n’est pas nouveau pour autant, que ce soit au Québec ou ailleurs dans le monde. En effet, d’autres pays reconnaissent les jeunes proches aidants, notamment les États-Unis qui en comptent de 1,3 à 1,4 million, le Royaume-Uni, 175 000, l’Australie, 170 000, et la Nouvelle-Zélande, 10 500.

Une préoccupation qui va d’ailleurs trouver écho dans l’élaboration de la toute première politique pour les proches aidants. En effet, la ministre Marguerite Blais a d’ores et déjà confirmé que la réalité des jeunes aidants sera considérée dans son plan d’action.


Sources