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Rebecca Makonnen, porte-parole de notre campagne nationale!

Le 19 septembre 2018

Faites connaissance avec Rebecca Makonnen, découvrez son histoire et pourquoi elle a accepté d’être la porte-parole de notre campagne nationale.


QUEL A ÉTÉ VOTRE PARCOURS DE PROCHE AIDANTE?

Ma mère était une femme autonome, très fière, très indépendante. Quand elle a su qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle était encore très lucide. C’était déchirant et très dur, tant pour elle que pour nous. Je voyais qu’elle était déchirée, parce qu’elle voyait qu’elle devenait un fardeau pour nous. Elle l’interprétait comme ça.

Ça m’a rapprochée beaucoup de ma mère à la fin de sa vie. Jusqu’à présent – je cogne du bois – ç’a été la plus grande épreuve de ma vie.

 

COMMENT EN ÊTES-VOUS VENUE À ALLER CHERCHER DE L’AIDE, DES RESSOURCES?

J’ai su que j’avais besoin d’aide quand j’ai réalisé qu’on perdait le contrôle de la situation. Jusqu’à un certain moment dans le parcours, je me disais que j’étais capable de m’organiser avec ma grande sœur. Puis, à un moment donné, on réalise qu’on va avoir besoin d’un coup de pouce de l’extérieur.

Je pense que j’ai compris assez rapidement que demander de l’aide, c’est pas poser un geste égoïste, et qu’au contraire, si moi j’allais bien, j’allais mieux pouvoir m’occuper de ma mère finalement.

 

QUEL TYPE DE SERVICE AVEZ-VOUS UTILISÉ?

D’abord, juste un groupe de soutien – ce qui n’est vraiment pas mon genre parce que je suis quelqu’un de très réservé, pas trop dans le partage d’émotions, même avec mes amis.

Mais là, j’étais dépassée par les événements. Puis aussi je me sentais un peu seule puisque, à l’époque, ma sœur habitait à l’extérieur du pays.

J’ai rejoint ce groupe pour sortir de l’isolement, voir d’autres proches aidants qui étaient dans la même situation que moi. Je voulais aussi qu’on me donne des tuyaux pour mieux gérer la situation: la santé de ma mère, ses angoisses, mon incompréhension, ma compassion…

Je me suis dit que si je voulais bien m’occuper de ma mère, il fallait que j’aille parler avec des personnes qui vivaient à peu près la même chose que moi, que je découvre les ressources disponibles. Un genre de guide d’utilisation, comme quand tu reçois un nouveau téléphone intelligent, et que tu veux savoir comment ça fonctionne ! J’avais besoin de connaître exactement les étapes à suivre – dans la mesure du possible, parce qu’en même temps, je savais que tout est imprévisible. Fréquenter le groupe de soutien ça m’a soulagée tout de suite.

 

POURQUOI AVOIR ACCEPTÉ D’ÊTRE PORTE-PAROLE DE CETTE CAMPAGNE?

Parce que je me dis que les gens qui sont dans cette situation vont peut-être se reconnaître. Il y a sûrement des gens, en ce moment, qui se disent : «C’est trop une grosse responsabilité, je me sens complètement dépassé par les événements... Qu’est-ce que je peux faire pour avoir un coup de main, un coup de pouce?»

Puis aussi parce que je trouve qu’[être proche aidant], ça ne se fait pas tout seul, c’est impossible. C’est une job éreintante, épuisante, émotionnellement et physiquement. On sort de cette expérience-là enrichi émotivement, mais la batterie à terre.

 

N. B. : Ce texte est la transcription d’une entrevue qui s’est faite dans la cadre de la campagne.