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L'âgisme : comprendre et agir

Le 22 septembre 2017


Nous profitons de la Journée mondiale des personnes âgées pour aborder le thème de l’âgisme.  Le Dr Matey Mandza, enseignant, chercheur, conférencier et administrateur de l’Association québécoise de gérontologie, a bien voulu répondre à nos questions.

 

Qu’entend-on exactement par le terme âgisme?

Selon Buttler (1975), l’âgisme est un processus par lequel des personnes sont stéréotypées et discriminées en raison de leur âge et qui s'apparente à celui du racisme et du sexisme. En pratique ce sont des attitudes ou des préjugés envers les personnes âgées ou le processus du vieillissement. Bref, c’est porter un regard méprisant en fonction desdits préjugés, par exemple parler plus fort à une personne âgée en supposant qu'elle doit nécessairement mal entendre, accorder peu de place aux personnes qui vieillissent bien ou à la promotion du « bien-vieillir », ou encore manifester de l'impatience lorsque les travailleurs âgés tardent à prendre leur retraite.

 

Qui peut faire de l’âgisme?

La discrimination peut être bidirectionnelle et faite de manière sournoise. Et ce, parfois sans le vouloir. Le fait qu’un aîné ne s’implique plus socialement pensant qu’il n’est plus utile, est une sorte d’auto discrimination basée sur la perte d’estime en soi. De même une supra protection aux dépens de l’autonomie de l’aîné sans son consentement est aussi une sorte d’âgisme. L’exemple le plus fréquent est celui de la privation des droits et libertés. Il en est ainsi lorsqu’on décide en lieu et place de l’aîné, pensant mieux faire pour lui. Rappelons-nous du dicton : « La liberté de chacun s’arrête là où commence celle de l’autre ».

 

Que peut-on faire si nous sommes témoins ou victimes d’âgisme?

Dénonçons si nous sommes témoins. Soyons positifs, informons, éduquons et communiquons autour de nous. C’est ce que j’appellerai le vaccin social  contre les préjugés. Alors, nous ferons avancer les connaissances quant à l’âgisme. Faisons comprendre que la vieillesse n’est pas une maladie, mais une étape normale dans la vie d’un être humain. Disons un passage obligé. Certes, avec l’avancée en âge, il y a parfois des pertes, mais il ne faut pas généraliser car c’est un processus pluriel et individuel. Il y a bel et bien des personnes aînées qui malgré leur âge ont excellé dans ce qu’elles faisaient. Lors d’une récente mission à l’université de Pernambuc au Brésil, j’ai été agréablement surpris par un chirurgien de 87 ans qui continue toujours à intervenir et sa journée de consultation est pleine des rendez-vous pris d’avance. En somme, une stratégie communicationnelle avec des exemples concrets vaut mieux qu’un bras de fer avec des gens qui ne comprennent pas encore ce que c’est vieillir. Pour nous vieillir est un privilège, vieillir dans la dignité est un droit. Rappelons-nous que nous mourrons tous. Et biologiquement, vieillir c’est retarder la mort. Alors, vieillissons et encourageons le fait de vieillir sans préjugés.

 

Pour en savoir plus sur le sujet et la campagne « l’âgisme, parlons-en », visitez sur le site Web de l’Association québécoise de gérontologie.